Baroque sarabande : Le Livre de Christiane TAUBIRA

Christiane Taubira nous offre, avec son livre Baroque sarabande, une promenade, une danse joyeuse et grave, intense et passionnante parmi les livres qui l’ont aidée, façonnée, construite. La lecture, une passion vitale, la transporte dans l’imaginaire d’auteurs très différents. Ils lui apportent des réponses pour faire face aux difficultés de la vie et l’aident à affronter le monde. Christiane Taubira veut nous donner envie de lire, nous incite à lire des “livres hostiles“, à être touchés par la “belle” littérature et à apprécier la langue. De l’enfance à aujourd’hui, de Cayenne à Paris, la lecture fait partie intégrante de sa vie, les auteurs défilent lui apportant d’infinies ressources. Suivons ensemble cette Baroque sarabande !

Une Baroque sarabande pour affronter le monde

En lisant ce livre, Baroque sarabande, j’ai découvert l’immense et éclectique culture de Christiane Taubira. C’est une véritable ouverture aux littératures, aux langues du monde entier. Elle a lu, étudié de très nombreux auteurs, des français, bien entendu, mais également des africains, des sud-américains et des américains du nord. Parmi eux, une figure tutélaire : Aimé CÉSAIRE. Mais Christiane Taubira ne se limite pas à la littérature, elle crée sans cesse des liens avec d’autres formes d’art : la musique, la chanson, la peinture et la photographie, la sculpture, la danse et le sport. Ses références sont nombreuses et variées et il m’est tout à fait impossible de citer tous les auteurs évoqués. Je vous laisse donc le soin et le plaisir de les relever au cours de votre lecture.

“Ces auteurs”, nous confie Christiane Taubira, invitée de La Grande Librairie de François Busnel,

me transportent dans leur imaginaire, des hommes et des femmes qui me parlent et qui ont l’air de me parler à moi, à ce moment-là.


Ils l’accompagnent ainsi dans une vie de combats où il est question de colonialisme, d’esclavage, de condition féminine. Ils ont été déterminants dans son parcours, son questionnement pour affronter le monde.

Et les bons livres ont ceci de fabuleux qu’ils ne nous laissent pas indemnes.

… les livres nous réveillent, nous bousculent, nous désolent ou nous réconfortent. Il arrive qu’ils nous confortent simplement. Souvent ils bougent avec nous, nous disent les choses différemment avec les mêmes mots et les mêmes enchaînements à des moments différents de nos vies, ils nous fouillent, nous éclairent, nous sauvent des naufrages. Ils nous préparent aux déconvenues et nous préviennent qu’il faudra parfois serrer les dents. Ils entassent la paille pour amortir les chocs à venir. Ils brassent l’air pour dégager la vue.

Christiane Taubira et les “livres hostiles”


“Disons-le tout net, il y a des livres éblouissants et des livres assommants, voire horripilants.

Christiane TAUBIRA déclare qu’elle a souvent lu des “livres hostiles”. Mais c’est quoi un “livre hostile” ? Elle explique, au cours d’un entretien télévisé, qu’un livre peut être “hostile” sur différents plans. Il peut être :

  • hostile à notre histoire collective ;
  • hostile à la partie du monde dans laquelle nous avons grandi ;
  • hostile aux lieux où nous tirons nos références ;
  • hostile à notre personne, non pas physique, individuelle, mais à ce que représente notre personne.

Citant Jack London, Jorge Luis Borges ou encore Alexis de Tocqueville, elle écrit, page 141 :

Vos œuvres restent étincelantes et je les recommande encore. Sans doute parce que vous m’avez plus appris tous les trois que vous m’avez déçue.

De même, page 76 :

Exit Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell ainsi que La Case de l’oncle Tom d’Harriett Beecher Stowe. (…) Exit mais après lecture.

En effet, il faut les lire ces livres et accueillir le plaisir de les lire, accepter d’être touchés par de beaux textes, savourer la langue, se dire “qu’est-ce que c’est bien écrit”. Puis savoir prendre de la distance avec le message, les sujets traités, avec les valeurs, les croyances, les idées que nous ne partageons pas. Ces “livres hostiles” nous éclairent, nous perturbent, nous obligent à nous interroger sur nous-mêmes, sur nos propres opinions, nos propres convictions.

Et même lorsque leur propos vous est hostile, ils participent de votre apprentissage.

Baroque sarabande, le livre de Christiane Taubira : une autobiographie ?

Cayenne, pays natal de C. Taubira en Guyane Française

Dès l’enfance, à Cayenne en Guyane française, la petite fille Christiane Taubira est avide de lecture. Sous l’œil vigilent de sa mère.

C’était, je crois, pour échapper aux bruits. Et aux interdits. À l’ennui aussi, ma foi. Ce fut pour la langue. Et pour le temps. Cette sensualité de la présence dans l’instant. Lire.

Dans Cayenne des années cinquante, il n’y a pas de librairie. Mais alors, comment assouvir cette passion vitale : la lecture ?

Extraits :

  • il y a pour commencer cette valise (…) pleine de livres (…). Elle est là, bleu délavé, la peau un peu écaillée (…). Je la pille sans scrupules. Je finis par l’emporter dans ma chambre, la glisser sous mon lit (…) ;
  • et puis il y a tous ces livres que me ramène Maman ;
  • et il y a cette bibliothèque où l’odeur du bois est enivrante. Chez les sœurs de Saint-Joseph-de Cluny, au cœur de la ville. “Il me semblait bien déjà intuitivement que cette bibliothèque à Cayenne possédait elle aussi un trésor des remèdes de l’âme” ;
  • puis il y a au lycée ce foyer Léon-Gontran-Damas (…). Personne ne semble contrôler le contenu des étagères ;
  • puis c’est Paris et son quadrilatère magique formé de Maspero, du Tiers Mythe, de Présence africaine et de l’Harmattan. En intérieur, la bibliothèque Sainte-Geneviève et celle de La Sorbonne ;
  • enfin il y a le début de ma bibliothèque, trésor accumulé pendant mes années d’études.

Christiane Taubira a été députée de 1993 à 2012, puis de 2012 à 2016, garde des Sceaux, ministre de la Justice . Elle a publié des livres de combats politiques :

Baroque sarabande n’est pas un roman. Il s’agit “peut-être d’une autobiographie mais pas centrée sur moi, ma personne, mes états d’âme” nous déclare-t-elle. Son intention est plutôt d’offrir du plaisir.

Lire. Toute l’énergie, la passion, le bien-être et le tourment d’une vie ardente.

La chronique du livre Baroque sarabande

Cette chronique est la 2ème sur 42 du défi : Lire un livre par semaine pendant 42 semaines ET publier une chronique par semaine.

Vous voulez aussi lire la Chronique 1 sur 42 du défi : Le sel de la vie de Françoise Héritier

Et vous que lisez-vous cette semaine ?

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